Nouvelle-Zélande, le dernier et le premier jour du reste de l’année

Sur la terrasse d’un motel. Hamilton, 3 janvier 2018

Passer le dernier jour de l’année et le premier de la nouvelle dans ce que l’on pourrait qualifier de « bout du monde« , porte en soi une dimension mystique. Une sensation d’extraordinaire mêlée d’exotisme. Un sentiment d’exclusivité. Un souffle magique sur une transition naturellement anodine, puisque tout à fait fabriquée, et certainement pas par une instance supérieure. Mais quand même… Que l’on considère ou non ce passage d’un an à l’autre, les cotillons sont dans l’air, aussi dans un camping perdu sur la côte Nord-Est du bout du monde.

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Souvenir du 31 décembre 2017, à Matata
Nouvelle année, Nouvelle-Zélande. A environ 24h de vol de Paris, une journée entière de vie, 12h de décalage horaire, un changement d’hémisphère. Deux îles entourées par des milliers de kilomètres d’eau verticaux et horizontaux. Deux boutons sur la langue épaisse du Pacifique. Un territoire d’exil, en quelque sorte, puisque depuis lequel tout est loin. Géographiquement et mentalement. La côte, la terre la plus proche est l’Australie, soit, une autre île. De l’autre côté, c’est l’Antarctique.  Ça a donc quelque chose d’exaltant, que de se trouver précisément ici. On est pris entre une envie de se laisser flotter à travers toutes ces séparations d’avec le reste du monde, comme un grand élan, une longue inspiration… et un saisissement claustrophobique. Qui vient nous couper le souffle quand il surgit. Peut-on s’échapper d’une île?

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Alors, le passage d’une nouvelle année à l’autre s’est fait front contre front, selon la tradition ancestrale maorie. Ici. Le partage du souffle vital, les yeux fermés, avec le bruit des vagues et des fragrances houblonnées. Une pratique spirituelle ancrée et encrée dans des carrures de géants, en harmonie avec l’intensités des éléments.

A Matata, l’amour passionnel consacré au fish and chips ou à l’art du tout-frit, du beurre à l’huile et inversement, s’inscrit dans l’air, sur et dans les corps. Un art de la friture dans lequel l’aliment se dilue pour disparaître tout à fait. De la saucisse à l’huître en passant par le steak, tout se oint à outrance. Les quantité sont astronomiques.

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Le Nord est d’une diversité affolante, enroulé dans sa large cape d’imprévisibilité. Auckland, la capitale, a été bâtie sur une zone volcanique – une idée de base assez intrigante pour une cité d’hommes – et ne ressemble en rien aux autres grandes villes que je connaisse.

First shot in Auckland (les deux derniers jours de 2017)
Décembre, haute-saison, cœur de l’été. Et pourtant c’est le calme qui domine le centre-ville, ses environs et le port. Détendu, aéré, avec un soupçon salé, juste assez pour saliver quand la faim point et pas assez épais pour estomaquer un ventre repu. Les terrasses d’Auckland ont choisi de miser sur le champagne, objet exclusif de l’happy hour. Ce qui génère un paysage assez curieux : des rangées de personnes aux lunettes noires, sourires droits, regardent vers le port une mer absente, avec toutes, une même bouteille Mumm et glacée, munie de flûtes floutées, pétillantes et identiques. Plus glamour que les rangs d’oignons parisiens. Elles regardent un soleil qui ne se couchera pas, puisque la nuit ne tombent pas avant 23h. Quoique. Le « Aucklander » boit lentement mais sûrement. Et beaucoup. Kia Ora!

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Auteur : Caroline Boudehen

Journalist, writer & reporter (Asia)

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